Il est encore temps de le commander pour Noël !

Sanguines, de Pierre Louÿs

Que l’histoire se déroule à Paris, en Allemagne ou bien en Algérie, quelle soit contemporaine de l’auteur ou qu’elle évoque l’antiquité grecque – voire qu’elle mêle habilement les deux, on y glisse toujours imperceptiblement de la réalité à la fiction, ou bien l’inverse.P.Louÿs.Rond
Souvent, la réalité est écrasée par la fiction : la personne disparaît derrière le personnage (La fausse Esther), le modèle éclabousse la toile de son sang (L’homme de pourpre) ; avec moins de violence, la jeune vierge finit par céder au pouvoir du verbe amoureux (Dialogue au soleil couchant), le puritain appelle l’enfer de ses vœux (Une ascension au Venusberg).
Parfois, c’est la réalité qui déjoue le désir, (Escale en rade de Nemours), les fantasmes (La confession de Mademoiselle X), ou bien l’espoir (La persienne).
Il arrive même que l’écrivain s’amuse à nous entraîner dans un vertigineux va et vient, qui s’achève, par une pirouette, dans la fiction du mensonge (L’aventure extraordinaire de Madame Esquollier et L’in-plano).